Carte blanche à Michel Nuridsany
galerie Piltzer, Paris

Des médicaments et des allers-et-retours entre des pratiques comprenant l'objet, la projection de diapositives, la photo : voici les éléments à l'ouvre dans l'installation que nous propose cette jeune artiste qui, ces temps-ci, multiplie les interventions un peu partout dans le monde - fut-ce dans un bar minuscule et encombré de la Bastille ou dans les vitries d'une pharmacie de Saint-Germain-des-Près - mais aussi en Allemagne, en Angleterre, et dont le talent s'approfondit, se développe de manière impressionnante à chacune de ses participations.
Le médicament, avons-nous dit, d'emblée : pour autant celui-ci n'est pas exactement l'élément central d'un propos qui reste d'abord attaché au corps,à son exploration, à l'observation de ses relations avec l'environnement et les objets qui le composent ; mais, plus que le jouet (autre élément non négligeable de la thématique de l'artiste), celui-ci lui permet d'approfondir son interrogation du corps à travers l'objet de consommation,notamment à travers l'observation de la manière dont le médicament, en tant qu'objet à l'esthétique simplifiée (comme le jouet) aux couleurs criardes (comme le jouet), entre dans les maisons, dans les corps et dans la vie des gens.
Jeanne Susplugas est une observatrice passionnée du monde dans lequel elle vit. Ici, la photo montre, au-dessus de l'objet, un détail agrandi de cet objet. L'appareil photographique, pris comme un microscope ou une loupe, permet tout simplement de « voir plus loin », de « pénétrer », dirait-on, dans l'objet. Jeanne Susplugas agit ici comme quand, ailleurs, elle photographie des jouets, des poupées, des petits personnages, des animaux, ne prennant que leurs yeux, leurs bouches, ne montrant qu'un détail que, d'ordinaire, peut-être on ne voit pas.

Michel Nuridsany
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